P*R*I*E*R*E*****D*E...

...retourner sur ses pas, de tourner en rond, de se perdre enfin...

Oui, revenez sur les articles que vous avez aimé car j'écris en dépit du bon sens chronologique et mes bulletins sont des graines qui ont besoin de temps pour offrir leurs fruits !

Affichage des articles dont le libellé est ALIENement votre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ALIENement votre. Afficher tous les articles

jeudi 16 avril 2009

Un Mexicain à Pékin

http://www.estarenchinaviviendo.blogspot.com/


"J'ai eu un rêve où mon grand-père déjà mort ouvrait une porte qui conduisait au jardin de chez moi, avec l'oranger fleuri. Je sais où je dois être. Et je suis content."


Ah, il va me manquer. Rodrigo est l'exemple vivant que malgré la différence des cultures et des langues, deux âmes peuvent être d'une extraordinaire proximité. Un peu plus tard, je vous raconterai son histoire. Une histoire dingue. Derrière les sourires et les visages tranquilles se cachent bien des forces, des folies, des courages, des sagesses enfin.


En attendant, je lui laisse la parole...





I know we don‘ t see each other .


We live a t the same building, We share the bricks and windows of this cage dorée where the secret voices of other foreign teachers have sound loud and quietly. If you approach your ears to the walls , you can hear the solitude and the joy , the surprise and the sadness.


From this cell I‘ ve been living the great journey, the trip to the most hidden areas of my soul, my fears and mi strength.


I know we could have stood together son many evenings without talking, just seeing the bottom of our eyes and revealing the mystery of this and another lives. Seeing the invisible things that are alive inside us and, at any moment , can take many forms.



I left. I abandoned everything to come here. My body and soul have suffered. But now I see a different landscape of the existence. Such treasure , being alive,
is invaluable, and it is very easy to waste the water of this sacred river. China has been like an huge animal that breaths under my feet. A strange ancient beast that has gave me the opportunity of knowledge. The privilege of the solitude, the reflection, the pain and the endless way to the happiness.



I want to be a better human being. I want to be less selfish and more compassionate. I want to feel the continuo thread of the plot that began to be woven with the first alive being , millions of years ago. I am small, less wise tan an ant and with a lot of tasks in my life.



I must shake away the dust and find the light , here and now, in every little movement of the life. Awareness could be terrifying but it is the path to a better reality.



A Mexican poet, Jaime Sabines, says:


I am water with a body that will be drunk by the earth,

I am fire, I am compressed air,

I won‘ t last.



We are a second, a miracle, a pause in God‘ s work. I was a seed in the land, and when I grew up , I had the chance of finding the shine of your cat eyes.

mercredi 8 avril 2009

L'escalade de Babel

Je suis impressionnée.



Apprendre une langue comme le français est vraiment un sacré défi. Cette orthographe en rupture avec la prononciation des mots, les mille et une exceptions qui codifient la grammaire, cette conjugaison complexe aux mille subtilités désinentielles et temporelles... Une vraie demoiselle maniérée... Mais il me semble que la difficulté est doublée quand les apprenants viennent d'Asie. La distance linguistique et culturelle paraît infranchissable. C'est à se dire que Dieu n'a pas fait semblant de mettre la pagaille entre les hommes... C'est bien simple, pour passer du chinois au français ou inversement, il faut changer de cerveau, renverser la polarité entre les hémisphères gauche et droit. Le français est difficile par son hyperstructuration grammaticale, le chinois est insaisissable par son hyper souplesse grammaticale. Et pourtant, je vais de surprises en surprises et je suis si impressionnée que je dois écrire pour trouver le sommeil. Je sors à peine d'un concours d'éloquence organisé dans mon Université et les étudiants chinois se sont montrés stupéfiants d'humour, de spontanéité et d'excellence véritable, tant du point de vue des idées, de la structure et du vocabulaire. Les plus nombreux à participer étaient... les première année ! Incroyable la qualité du français que certains maîtrisent déjà après seulement quelques mois d'étude ! Ce sont de véritables passionnés ! Et puis, je dois aussi dire que j'ai tout récemment fait la découverte de deux blogs tenus par des Chinoises... Je vous conseille d'y jeter un coup d'œil...





Leur français est si bon que j'ai eu du mal à croire qu'il ne s'agissait pas de leur langue maternelle... Et il n'y a pas que les mots, il y a aussi la pensée. Parce que même traduite dans sa propre langue, une réflexion peut nous rester parfaitement étrangère, incompatible avec nos canaux logiques. Mais quel miracle de constater que la communication est bel et bien totale. Je comprends la langue et le langage que l'autre me tient. Ses sous-entendus et son humour me parviennent du fin fond de son autre monde... En cours, vous me trouverez peut-être bien naïve, mais chaque fois que je sens que mon message a été réellement réceptionné, c'est une surprise et une joie. Avec ces étudiants francophones, il me semble que nous contrecarrons en douceur le châtiment divin consistant à nous disperser. La punition n'est pas annulée pour autant, puisque nous sommes fondamentalement tenus à distance l'un de l'autre par des systèmes de conception et d'expression différents, apparemment sans point de contact, mais cet obstacle est dépassé, transformé en enrichissement mutuel grâce à l'effort de nous comprendre, de tendre et d'épouser l'autre monde. A plusieurs, unis dans cet effort, nous pouvons escalader Babel, sans fâcher le Ciel.



dimanche 22 mars 2009

Le choc BLOND


Les blondes, le nuage de crème délayant mon café noir, adoucissant et perturbant l'opacité de la faune brune des Chinoises. Je ne sais pas si c'est agréable, chaque fois trop choquant. Mes propres repères sinisés bouleversés. Je comprends les regards avides de curiosité : incroyable du blond ! Vite que je m'en repaisse la rétine. Que j'inscrive cette possibilité dans mes neurones, ma mémoire visuelle. Et puis, la blondeur s'accompagne d'autres lignes, d'autres nuances, d'autres mariages. Des yeux souvent bleus. Des joues rebondies, une peau plus claire. Un sourire différent. Tout est changé. Tout est heurté. C'est surtout l'expressivité de ces visages qui m'indispose presque. Des visages plus nus du fait de leur clarté. Oui, plus nus, plus trahissants/traitres. Passant trop facilement dans les extrémités du rire ou des larmes, contre le masque si maîtrisé des Asiatiques. La fenêtre étroitement découpée de leur yeux. Les lèvres paisibles, sereines.. Rarement émues par la joie ou le chagrin. En tout cas, bien sûr, jamais en public, 面子 oblige.



Au début, chaque fois que je croisai une étrangère, elle était d'une blonde d'une blondeur même rare en France... Tain, ben elles font pas semblant d'être étrangère les filles ! Ça me faisait rire... A croire qu'elles le faisaient exprès. Avec des couleurs pareilles, on les repère à deux cent mètres !



Mais alors il faut bien me rendre compte que j'instille le même choc dans le paysage que ces femmes. Avec mes cheveux teintés au henné, mes yeux verts et ma peau d'une pâleur slave, impossible de la jouer en mode mineur. Et puis, quant à l'expressivité de mon visage... Certains de mes étudiants doivent se demander si j'ai toute ma tête, si je suis vraiment équilibrée. Parfois mes yeux brillent tellement qu'on s'inquiètent de savoir pourquoi je pleure... j'ai beau leur expliquer 'mais non, le vent, la fatigue', me croient pas...




*****************



Aujourd'hui, je poste un sujet très léger pour compenser la journée dans un enfer véritable cette fois, celui du marché informatique, autrement connu sous le nom de 中关村_[zhongguancun]...