P*R*I*E*R*E*****D*E...

...retourner sur ses pas, de tourner en rond, de se perdre enfin...

Oui, revenez sur les articles que vous avez aimé car j'écris en dépit du bon sens chronologique et mes bulletins sont des graines qui ont besoin de temps pour offrir leurs fruits !

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mardi 28 avril 2009

Peau déchirée ou peau en miettes






Pékin pleure des larmes de pierre. Et ça fait des tas. Un dégât de larmes.




lundi 27 avril 2009

L'avis des murs

La pierre n'est pas toujours murée dans le silence. Par le tatouage, elle s'écrie ou rêve. J'aime les pierres poètes de Pékin. Ces murs n'offrant que des lambeaux de cris ou animés au contraire par le sang d'une création, le temps d'un graffiti.





Plus je les regarde, plus j'entends l'avis des murs.

dimanche 12 avril 2009

Profil fleur






et pantalon à cœur.


vendredi 3 avril 2009

朝阳路_Chaoyang lu, la contorsionniste


la rue acrobate

la rue en longue mutation, la peau qui meurt, s'émeut chaque semaine, et dont le grain ne se fixe jamais. Qui sort de sous le bitume des surprises nouvelles, tiens qu'est-ce qui a poussé de nouveau cette fois-ci ? Et ça va trop vite, et plus ça pousse et plus ça me chagrine, je n'aime pas cette botanique de l'anti-vie. Tandis que la pierre se projette, monte, aspirée par l'orgueil et l'ambition, je sens la vie reculer. L'instablilité du ciment et du goudron, les hommes-fourmis, casqués dans la poussière. Je vois ces dizaines d'échoppes, ces petits restaurants affreusement vilains et sales mais dont la cuisine et l'accueil sont empreints d'une saveur authentique, toutes ces petits cubes de mémoire, de Chine vraie, bordés par la route flambant neuve... Le contraste fera-t-il long feu ? Le bras de fer entre l'hier et le demain, entre le vrai et le faux. Le goudron vomissant de nouvelles structures.


La fatigue et l'excitation de marcher sur ces terrains mouvants, en bouleversement. En constant évanouissement.





et le ciment qui tend ses pauvres voiles...





J'ai peur que la modernité ne saisisse et étrangle l'humanité de ma vie. Où faudra-t-il se retrancher
pour échapper à cette gangrène, à cette haleine acide, qui brûle et épouvante le ciel lui-même?



Pékin du 6e cercle, de la 6e ceinture. Du 6e non-sens.

vendredi 27 mars 2009

Ces visages qui me dévorent

Une approche prudente, inquiète, mais irrésistible...
Oui, il y a là un mystère qu'il faut qu'on lui explique ...
C'est quoi ce truc qu'elle a sous la bouche ??


Eh oui ! Voilà ce qui inquiète tellement mon observateur ! A bout de curiosité, il finira par désigner du doigt le creux de son menton en me demandant ce que j'ai là ! Je me suis sentie obligée de vite le rassurer : "Ne t'inquiète pas, ça ne fait pas mal ! C'est comme une boucle d'oreille !"
C'est que je l'avais complètement oublié ce piercing ! Pour moi il fait tellement partie intégrante de mon visage que je n'imaginais plus qu'on pouvait l'en séparer pour le soumettre à analyse ! ¨
¨¨¨¨

Je ne sais pas ce qu'en pensent les baroudeurs avertis (petite pensée pour Bruno...), mais moi les rencontres qui me touchent le plus ici, en terre étrangère, ce sont celles avec les enfants et les personnes âgées. Leur regards ont la même limpidité. Ils me tendent le miroir fidèle de leur coeur et de l'impact que la vue de mon visage y imprime. L'ébahissement parfois inquiet des plus jeunes devant la possibilité de ses traits et de ses couleurs, la joie entière des plus vieux devant l'intérêt que mon oeil leur porte. C'est beau. Je reçois en pleine âme leur enthousiasme et me voilà éblouie pour toute une journée !
Le grand-père de la Porte Ouest. Toujours à s'occuper des marmots qui animent la ruelle. Avec toujours un tel plaisir ! En Chine, les enfants sont rois !

La gardienne du Lac de Houhai, dont elle a vu tous les changements en plus de 80 ans de vie... Elle de ces vieux qui constituent la mémoire vivante de Pékin... Une mémoire laissée aux oubliettes de la société. Et pourtant, quelle sérénité dans ses yeux !

¨¨¨

Certains enfants se montrent parfois timides à l'extrême mais c'est généralement avec plaisir qu'ils se laissent amadouer et la rencontre prend souvent l'allure d'un jeu de cache-cache.



Voilà par exemple une fillette qui s'est longuement défiée de moi et de mon appareil photo, et puis, voyant ses camarades intrigués cavaler autour de moi, elle a fini par surmonter ses craintes et par venir vers moi ! Pour moi, c'est une vraie rencontre. ;-)

vendredi 20 mars 2009

Enfoncement par le Nord




Aujourd'hui, c'est la veille du printemps, mais il m'a semblé traverser une terre de désolation. Aller à la rencontre de la désolation-même... le temps-couvercle n'allait pas non plus dans le sens de la légèreté, mais vraiment, j'ai pris peur, ça me colle encore aux tripes.Temps pourri, pollution et laideur, voilà le cocktail de mon après-midi. Bon, je l'ai bien cherché, à force de traquer les chantiers, il fallait bien que j'en arrive à épuiser mon potentiel esthétisant. Le rapport de force m'a presque échappé, je n'ai presque pas pu trouver la magie. D'habitude, je quitte toujours à regret un endroit, une chose qui a hypnotisé mon objectif. Mais cette fois, je ne suis pas repartie sans un certain soulagement. Je suis rentrée dans une sorte de purgatoire, le 4 ou le 5 ème cercle de Dante, un enfer d'ennui, de laideur et de travaux forcés. Quelques enfants comme par vice, une discrète armée d'hommes au labeur.







La terre portera d'autres fleurs. *




Certains accès m'ont été refusés. Je n'ai pas insisté.

(Une chose est sûre : ça ne veut pas dire "bienvenue")

Avec ma tête de 外国人_[waiguoren] ("étrangère"), les Chinois que j'ai croisés hallucinaient. Ne comprenant pas ce qui m'amenait par ici, voyant encore moins pourquoi je m'arrêtais pour fixer ce qui les entourait. Souvent leur regard cherchent à suivre le mien, à comprendre, c'est drôle. En général, ils me regardent de nouveau, incrédules, chercheant une réponse sur mon visage. Parfois je souris, « oui, je sais, c'est laid et ça n'a aucune importance ». Certains, avec audace ou en catimini, se placent derrière moi, pour voir l'écran de mon appareil. Percer le mystère de mon regard. Avec quelques uns, que je souhaite sortir d'une trop grande perplexité, ou pour les remercier de s'être offert à l'objectif, je montre les photos, j'explique : « la couleur, l'arbre, les lignes » Bon, souvent, ils rient...




Parfois, certains clichés me font prendre des risques... Je pense à cette photo d'un camion-poubelle... L'homme responsable du véhicule m'a invectivée : « Jeune fille, ce sont des poubelles, ils ne faut pas prendre ça en photo ! » Comme si je mangeais quelque chose de mauvais, de dangereux. Pourquoi ils ne faut pas ? Une dame plus âgée enchaîne : « Pourquoi vous prenez ces photos, des photos comme ça ? » Alors, je lui montre la série (des vêtements étendus dans la rue, des murs avec quelques branches... de la beauté en bloc). Elle me dit que je ferais mieux d'aller immortaliser les belles choses, là, ya un lac de waiguoren à deux pas ! Ben oui, je sais bien... Mais quand c'est pour waiguoren, c'est mort ! Ce matin, au marché, c'est les poissons morts que je photographiais. Le vendeur a carrément enlevé le bocal ! "Y en a des beaux là, juste à côté!!" Il ne comprenait pas et semblait même franchement offusqué. Ben ouais, mais les beaux poissons même pas morts, ça m'intéressait pas. :D







En fait, les Chinois s'inquiètent de ce que je fais de ces photos. Je crois qu'ils s'inquiètent surtout de l'image que celles-ci donnent de leur pays. Si certains s'énervent, c'est parce que je froisse leur conscience nationale. Une espèce de censure, de traitement de l'image naturels. Hallucinant.

dimanche 15 mars 2009

UNDER CONSTRUCTION Mood



On parle souvent de la « beauté des ruines »... C'est vrai, pas de support plus efficace pour laisser s'évader l'imagination. Mais moi, ce qui m'arrête en pleine rue, ou fige mon regard nonchalamment promené sur la ville traversée en bus, c'est les chantiers. Des ruines à l'envers. Une inversion du mouvement qui offre néanmoins un même point de fragilité, un état stationnaire entre le néant et l'achevé, cette pierre déformée ou non encore informée par la pensée. Cette état stationnaire dont on ne sait pas si la pierre est morte ou fraîchement posée, dont les lignes encore malhabiles et incertaines indiquent mal si le bâtiment se dresse, sur le point de sortir de la poussière ou s'il s'avâchit inéluctablement, rappelé par la poussière.


Et à Pékin, le chantier, la force de la pierre en construction implique d'autres pensées, d'autres regrets. Le chantier est beau, émouvant à Pékin, les entrailles de la ville retrounées, certes, mais vivantes, en mouvement, les hommes au travail, imprimant leur effort à la matière. C'est beau, vivant. Le bâtiment prend des allures d'insectes effarouché, toutes antennes de métal dressés, ou de vaisseau spatial échoué, dont les bras et les gueules des grues semblent un triste appel vers le ciel : « Maison ». Tous ces points de bouleversements mettent la ville en tempête, la sortent de son figement, et la dote surtout d'une atmosphère surréaliste, futuriste, apocalytique.





La guerre du renouveau. Détruire pour renaître, faire neuf. Pékin ruinée par ses chantiers.



Oui, le chantier est beau parce qu'il est encore humain. Sa fin achève le mouvement et fixe le mensonge. Et la laideur, la vraie laideur. Je pense à regret à Hong Kong où toute construction doit respecter les principes du Feng shui, à Kyoto où toute construction doit rester scrupuleusement en accord avec le patrimoine culturel et historique de la ville...



Et moi, je cours après la pierre soufflée par la modernité. Nostalgique par avance, le coeur pincé à l'idée de ce que ces squelettes encore émouvants nous réservent de laideur et d'inconfort. Je ne sais pas vous, mais moi, la laideur, à force, ça fatigue.


jeudi 5 mars 2009

La rue comme si vous y étiez

Et là, vous êtes à Shilipu Road :

Alors ceux qui comprennent le chinois pourront se moquer de moi : ça fait trois fois que je lui demande de me réparer ma chaussure, trois fois qu'il me répond que ce n'est pas possible... Et bien sûr, je n'oublie pas de me renseigner ensuite sur le prix...

J'ai toujours été nulle à l'oral ::: "(