P*R*I*E*R*E*****D*E...

...retourner sur ses pas, de tourner en rond, de se perdre enfin...

Oui, revenez sur les articles que vous avez aimé car j'écris en dépit du bon sens chronologique et mes bulletins sont des graines qui ont besoin de temps pour offrir leurs fruits !

jeudi 5 mars 2009

La lumière de Toya

La vie m'a fait le cadeau d'une Sœur merveilleuse. Je veux écrire sur elle depuis longtemps mais je l'ai jalousement gardée pour moi jusque là... C'est une Princesse Amazone, plus à l'aise en compagnie des Chevaux qu'en celle des hommes. Une magicienne dont l'univers imaginaire et symbolique est d'une puissance et d'une richesse stupéfiantes.
Le Dragon et le Phénix ont niché leur ombre et leurs couleurs dans le secret de sa peau, voilà une élection qui en dit long.
Une Guerrière de la Lumière, Claire, ou Toya de son nom Mongol, ce nom qui signifie "Pur Rayon de Lumière" et que des Mongols ont choisi pour elle, sans connaître bien sûr, le sens de son prénom français. C'est à croire qu'elle est traquée par la splendeur.
Claire-Toya est mon âme-sœur et "si nous n'étions pas d'ici, nous serions l'infini".
J'inscris cet amour d'elle sur la toile du web de façon à le faire ricocher dans tous les espaces possibles, dans tous les recoins du monde.
Voilà qui est bien impudique mais le vrai amour brûle tous les voiles dont on voudra le couvrir.

La rue comme si vous y étiez

Et là, vous êtes à Shilipu Road :

Alors ceux qui comprennent le chinois pourront se moquer de moi : ça fait trois fois que je lui demande de me réparer ma chaussure, trois fois qu'il me répond que ce n'est pas possible... Et bien sûr, je n'oublie pas de me renseigner ensuite sur le prix...

J'ai toujours été nulle à l'oral ::: "(

mercredi 4 mars 2009

Puccamania

J'aime Pucca !
Parce que c'est une amoureuse
et
elle n'a pas peur de le dire.
C'est rare ça !


Et quel plaisir surtout lorsque Pucca me parvient sous la forme de carte postale depuis la France. Ici, je reçois peu de courrier, bien sûr, on se demande pourquoi on enverrait des lettres, il y a internet maintenant ! Et puis, le trajet France-Chine ne semble pas se faire dans les meilleures conditions... Ma petite carte aura mis UN MOIS pour arriver jusqu'ici et il n'est pas rare que les enveloppe plus fournies soient ouvertes préalablement... Sans parler de toutes celles qu'on ne reçoit jamais. Par contre les factures, malgré les méandres de mes changements d'adresse, elles, ne manquent jamais d'arriver à bon port...

Alors voir ma Pucca letter au fond de ma boîte aux lettres, c'est vraiment un pur plaisir.
Merci à son expéditrice ! ****

La pollution qui ne manque pas d'air

Au début j'étais enchantée, je trouvais l'atmosphère parfaitement respirable ! Mais c'était se réjouir bien vite... Pékin avait adopté une politique de réduction massive du trafic routier pour les JO et en me pointant fin août 2008, évidement je voyais encore la couleur du ciel...



Alors la pollution à pékin ça ressemble à quoi ?




À UN GOUT

Mais dès fin septembre, les brumes pas nettes ont de nouveau envahi la ville... Parfois, l'air semblait propre, du moins, il était transparent et je ne distinguai aucune odeur bizarre mais j'avais dans la bouche un goût métallique et acide qui me faisait saliver douloureusement... comme quand on mange du citron ! Ça fait peur... Vous imaginez ?? Devenir allergique à l'air qu'on respire.
C'est aussi le goût de l'eau... Je pourrai directement aller me servir dans la cuvette des toilettes [Vous savez maintenant à quoi ça ressemble !], ce serait pareil. DONC, on ne boit pas l'eau du robinet NA-NA-NAN et on ne respire plus l'air naturel non plus ??... Enfin, l'air « naturel », l'air de dehors quoi. Vraiment, l'époque de l'air artificiel n'est peut-être pas loin dans une ville comme ça. Il nous faudra des conduits d'air traité dans les maisons, des bombes d'oxygène sur nous en cas de malaise... Les petits masques d'infirmières en coton en guise de cache-nez (vous savez, le masque que les asiatiques peuvent portaient parfois dans les villes polluées) sont d'une efficacité probablement très relative...



À UNE BRUME POETIQUE

qui colle au yeux et embrouille mes idées
et puis quand mamie me demande au téléphone « fait quel temps chez toi ? », j'hésite un moment, mais ya rien d'autre à dire : « pollué. » Je peux même pas dire nuageux. Oui, les nuages ici, ça existe pas. Rarement.





À UNE TEXTURE

un voile, des fibre de coton qui s'infiltre dans vos poumons. Si vous voulez prendre soin de votre forme, il y a des jours où il vaut mieux éviter d'aller faire un footing... Je m'y suis amusée une fois, alors que je ne distinguai pas l'autre bout du stade sur lequel je courrai. Après ? Impression d'avoir fumé dix clopes d'un coup. Au bout d'une heure, j'avais des voiles plein la bouche des nuages sales qui s'étaient glissés sournoisement jusque dans mes bronches.




À UNE ODEUR

de pot d'échappement... J'ai pourtant la chance de vivre protégée de la ville, en plein milieu d'un campus universitaire. Je n'entends donc pas la moindre voiture !!! Pourtant, bien des fois, j'ai ouvert la fenêtre dans l'idée d'aérer mon appartement... Et là, mon nez directement abouché à un conduit d'évacuation... Mieux vaut encore moisir dans mes miasmes à moi, ceux de dehors, jsais pas à qui c'est... C'est quand même particulièrement anxiogène... La pollution de l'air... Où voulez-vous vous cacher ? Comment voulez-vous vous en protéger ? Ce sont les fonctions vitales qui sont touchées. Je ne peux pas encore faire autrement que m'abreuver de l'atmosphère que la société voudra bien me donner. Et me contenter de la qualité qu'elle daignera lui laisser... Je me sens parfois traquée, asphyxiée précisément par ce rétrécissement de nos marges de liberté, par cette fonte du naturel.

On ne pourra pourtant pas me reprocher d'être de mauvaise grâce. J'ai pris les étonnantes capacités d'adaptation des plantes en exemple, j'ai couru dans les brumes en m'accrochant aux arbres, à leur présence franchement surréaliste et pourtant bien réelle. Oui il y a des arbres dans mon campus et même des oiseaux. Alors je me suis dit : s'ils peuvent le faire, moi aussi. Je vais respirer l'air tout pourri comme il est et je vais lui demander gentiment de laisser mon corps s'habituer. Si ça se trouve entre le carbones et les particules fines je vais me trouver capable de récupérer un peu de vitamine C ou E – un truc bon pour la peau - ou qqch de mieux encore peut-être hein ?
De toute façon le corps trouve ses propres solutions. Au plus fort de la grisaille puante j'ingurgitais facilement deux kilos d'agrumes par jour... Je me suis rendue compte après que c'était peut-être pour faire face à la nocivité de l'atmosphère justement, vous savez, quand on fume on en grille énormément de la vitamine C... Il faut refaire le plein après ! On pourrait pas attaquer la ville pour tabagisme passif ? Et puis, manger des fruits, ça vous passe l'envie de boire de l'eau aussi, c'est bien pratique.



Et puis de nouveau, voilà quelques semaines que je ne suis plus gênée par l'air. Je m'en suis même inquiétée ! pensant que voilà, ça y est la mutation était achevée et j'étais plus rien qu'une sorte de produit OGM. J'ai eu la nostalgie de mes révoltes organiques ! A mon corps passif : « Mais Dieu réagis, refuse, rejette, dis non, tombe malade fais quelque chose ne sois pas si permissif !! on va aller où comme ça ?? » Mais rien à faire, aucun obstacle dans l'air quand je respirais, aucun flou qui me collait au rétine.

Nan je me reconnaissais plus.


Et puis aujourdhui une collègue m'a rassurée : par temps de pluie ou de neige la pollution est moins virulente, mais après ça revient. Hum, ça tient debout, il a bien neigé ces derniers temps à Pékin.



Ouf j'ai eu peur.



(Mais quand même, qu'un esprit scientfique méclaire de ses lumières !! Pourquoi/comment la neige et la pluie auraient-elles le pouvoir d'écraser la pollution ?

mardi 3 mars 2009

Le pas dans la nuit


Pendant presque deux mois, presque chaque jour je suis allée m'entraîner. Tourner en rond, selon le pas du Bagua. Deux mois dans la nuit où toutes mes sensations m'ont désertée, malgré tous mes efforts, malgré tous mes voeux de détente, rien à faire, chaque pied posé me donnait le vertige. La terre s'est dérobée à chaque pas, s'est refusée à chaque voeu d'enracinement. Comme si je marchais sur un tapis que quelqu'un secouait... une trahison ! Comment tout peut-il fuir ? Toute cette pratique disparue, évanouie, soufflée comme un château de cartes... Le Bagua ne voudrait-il pas de moi?


Un vrai flirt avec le désespoir que tous les praItaliquetiquants d'arts méditatifs ont connu je suppose. Je pense souvent au désert de la foi que les plus grands mystiques ont traversé. Soeur Emmanuelle aurait ainsi pratiqué l'amour de Dieu sans en ressentir la moindre flamme dans son coeur pendant plus de vingt ans. Cela me paraît bien être le test suprême : continuer alors que vous marchez à contre-courant, continuer alors que tout s'effondre et que vous vous enfoncez, continuer, continuer continuer alors que vos actes vous paraissent vides de sens et dépourvus d'impact, alors que vous n'êtes plus alimenté par quelque feu qui rend finalement le chemin si évident. Dans ce cas, il n'y a qu'à y retourner chaque jour, malgré un certain sentiment d'absurdité et de découragement. C'est l'apprentisasge de la patience et de l'humilité. S'il est certain que rien ne vient sans la pratique, il me semble aussi vrai qu'aucune étape n'est franchie une fois pour toute. Tout peut vous être retiré.


Fabienne VERDIER, Cercle blanc

Aujourd'hui, voilà une dizaine de jours que les sensations sont non seulement revenues mais aussi approfondies... Mon pas s'enfonce dans la terre devenue glaise accueillante. Mon énergie affaissée m'assoie dans la ronde.


Comme quoi, c'est dans la nuit qu'on grandit, que le travail le plus profond se réalise... Encore une leçon de patience, pour moi, l'Occidentale convulsée.

La jeunesse de Pékin


dimanche 1 mars 2009

Quand les cultures s'entrechoquent


Mon ami Zennec me demande pourquoi je me suis excitée comme ça en revendiquant le droit d'être bête : j'ai mis du temps avant de répondre. Je suppose que j'ai été touchée par la cause de tous les expat' occidentaux livrés à une culture si différente, à des regards si différents, à des critères de jugement des habitudes et des goûts si différents. Soit on se la joue forteresse imprenable rien à faire, je suis étranger je comprends rien au chinois, soit on a envie de jouer le jeu et de tenter la carte de l'assimilation, de l'adaptation. Faut donc se mettre à la langue. Et là, évidemment, vous avez un corps adulte mais vous émettez des sons bizarres, ridicules, personne ne vous comprend, vous avez 6 mois. Oui, six mois. « Maman, j'ai faim » ça donne « OuinOUINNNNNNNNNNNN ».. C'est rare les Chinois qui se mettent en mode décodeur, nan-nan la moindre faute de ton et vous pouvez rentrer chez vous :: le lien de la communication ne saurait se tisser.
Mais voilà des choses bien générales et auxquelles je me suis familiarisée depuis six mois que je suis là. Et en plus j'ai aucun problème pour manger avec des baguettes.

Il y a eu en fait un autre élément, probablement déclencheur de mon coup de gueule. A la rentrée du deuxième semestre, je posais gentiment des questions à mes étudiants de civilisation sur les coutumes du Nouvel An : les dates et significations exactes de la Fête du Printemps, du Nouvel An et de la Fête des Lanternes. Enfin, je voulais savoir comment ils avaient eux-mêmes vécu ces festivités, s'ils avaient remarqué des évolutions depuis quelques années ou bien des différences de pratiques entre les régions. En fait, je suis passionnée par l'observation de la jeunesse chinoise face à sa propre culture. Je remarque dans l'ensemble une belle perte de contact. Bon. C'était intéressant parce qu'en effet j'ai pu constater qu'ils n'étaient pas tous d'accord sur les dates et qu'ils ignoraient le sens de certaines coutumes (ceci dit, je ne dois pas être beaucoup plus calée sur la France qu'ils ne le sont sur leur propre pays, ils ne font que me tendre un miroir et je prends note de la leçon – c'est en leur enseignant que je découvre notre belle civilisation, que j'en savoure réellement la richesse et le raffinement). Et puis, je suis tombée sur l'article d'une étudiante, à propos de ce cours. La 'femme prof', donc, c'est moi.
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17 février 2009

"La discussion du cours"

Aujourd’hui, c’est le deuxième jour du nouveau semestre et on a passe deux heures de cours avec une discussion très animé sur les fêtes qu’on vient de passer. La femme prof française n’arrive pas toujours à savoir ce qu’elle veut savoir. On a beaucoup parle de la fête du Printemps, de la St.Valentin qui nous guide vers la fête des amoureux chinoise, et puisque la Chine est grande à tel point que ses différentes régions n’ont pas les mêmes connaissances sur une telle ou telle fête ni les même façons pour fêter les fêtes. Déjà entre nous, les étudiants chinois, on est pas tout à fait d’accord des uns avec des autres, vous savez c’est donc normal qu’une étrangère se trouve un peu perdue dans notre conversation. Cependant, je pense qu’elle a quand même pas mal de préjuges, c’est sûrement parce qu’elle ne connaît pas assez sur la culture traditionnelle chinoise et que certains la trompaient.
D’abord, la Fête du Printemps et Le Nouvel An Chinois, C’est absolument la même chose qui signifie les premiers jours d’une nouvelle année selon le calendrier lunaire, plus précisément, dès le premier janvier au 15 janvier (tjs le calendrier chinois). Ils sont juste les traductions de deux versions chinoise, pour le premier : Chun jie, le deuxième : Xin nian, et pour les Chinois, ça veut dire la même chose, ces deux versions !
Ensuite,la St.Valentin est une fête occidentale qui est maintenant très fêtée par les amoureux chinois, comme le Noël. Elle est très commercialisée comme toutes les autres fêtes, c’est peut-être aussi à cause de (ou bien grâce à si vous voulez) ça qu’elle devient de plus en plus populaire. Par contre, les Chinois n’abandonnent jamais la fête des amoureux chinois parce que ça n’existait pas ! Le 7 juin est aujourd’hui nomme comme la St. Valentin chinoise, mais avant, c’était tout simplement une journée consacrée à une belle et triste histoire d’amour : Deux amoureux sont séparés par la mère de la jeune fille, qui est une fée, et chaque année, ils se voient une seule fois en 7 juin, dans le ciel à l’aide des pies qui forment un pont pour eux. Il y a des années, les chinois ont fait connaissance de la St Valentin, et on se dit, pourquoi on ne crée pas une fête chinoise pour les amoureux ? On a donc choisi le 7 juin qui est liée à l’amour, c’est simple, mais c’est ça !
A la fin, la femme prof a parlé d’une grande modification de la Chine, je suis bien d’accord. Et elle dit que tout est commercialisé, je suis bien d’accord aussi. C’est pareil dans le monde entier, non ? Et elle a dit qu’on garde de moins en moins les traditions chinoises, et ça, je ne suis pas du tout d’accord, elle ne peut pas négliger les énormes évidences qui distinguent totalement la culture chinoise de celle occidentale. Par exemple, on réfléchit jamais de la même façon. Je pense pour connaître mieux une culture différente de la sienne, il faudrait qu’on oublie d’abord de les comparer. Les comparaisons, oui, c’est nécessaire, mais il faut d’abord avoir une exacte connaissance sur elle. Car si on compare dès le début, et on peut tjs trouver une ressemblance, aussi on ne peut pas s’empêcher de croire que c’est du copie. C’est peut-être bête mais c’est naturelle.
C’est pas de reproche, c’est mes idées sur l’apprentissage d’une culture. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Commentaires
Bonjour !
Je pense qu'effectivement une culture comme la tienne, aussi ancienne, est complexe à appréhender pour un étranger. On en connait quelques points plus médiatisés, sans forcément connaître toutes les significations !C'est un hasard amusant que je découvre ton blog ! Pour la st Valentin, j'ai reçu de mon compagnon une montre "collector" swatch représentant l'année du buffle ! jolie et sympa ! c'est juste le boulier traditionnel qui est avec qui est une super invention mais un bon casse-tête, même avec le mode d'emploi !
Posté par
rainette, 17 février 2009 à 16:05
"Du droit de ne pas savoir"
Peut-on dire de quelqu'un qu'il a des préjugés sur un sujet quand il cherche simplement à être renseigné ? Un Etranger est souvent mal armé pour appréhender la culture chinoise non seulement par ce qu'elle est d'une richesse extraodinaire mais aussi, parce que nous avons en effet des modes de fonctionnement profondément différents. Cela peut entraîner des problèmes de compréhension, mais, en tant qu'étrangère à Pékin, je trouve la rencontre fascinante et ENRICHISSANTE. L'Occident viendrait-il de Mars et l'Orient de Vénus ? Je ne sais pas si nous venons de planètes différentes mais j'ai parfois l'impression de marcher la tête à l'envers. D'autre part, ce que pense l'enseignant n'a aucune importance, ce qui compte, c'est que vous réfléchissiez par vous-même et que vous vous fassiez votre propre opinion. Le procédé de ta femme-prof est peut-être maladroit mais l'objectif est atteint ! La Chine change bien sûr ! Mais le monde entier change aussi ! La richesse culturelle semble un peu partout mise en danger par le développement économique. Aussi peut-être est-il important de se rendre compte de ce qui naît et de ce meurt. Toutes les civilisations sont soumises à ce processus cyclique. Faut-il s'en attrister ? Je ne sais pas s'il convient d'avoir un jugement à propos de ces bouleversements puisqu'ils semblent naturels, mais il faut très certainement rester vigilent et conscient de leurs corrélats. Enfin, je suis bien d'accord avec toi, pour connaître une culture, il faut sans doute oublier les autres pendant un certain temps. D'ailleurs y a-t-il un sens à COMPARER l'Orient et l'Occident ? Est-ce seulement possible ? A partir de quelles données ? Peut-on se passer par contre d'une réflexion sur les conséquences d'une rencontre entre deux cultures si différentes ? L'Orient et l'Occident ne se retrouvent-ils pas dans une capitale comme Pékin ?
Posté par Une Etrangère, 26 février 2009 à 11:10

"A l'etrangere qui me parle de la discussion du cours"
Je dois d'abord m'exuser pour mon utilisation de mot" preguge" car je ne savais pas qu'il a un sens fort, je voulait juste l'utiliser pour designer "des idees pas totalement exactes", pardonne-moi pour mon pauvre francais.Je ne sais pas si tu as fait attentions aux mes phrases sur mes camarades, deja, je ne suis pas tout a fait d'accord avec eux.Je comprends tres bien que c'est tres difficile pour des etrangers de bien connaitre la culture chinoise.Je ne trouve PAS DU TOUT que ma femme-prof est maladroite! Je respecte des gens qui veulent savoir des choses,en plus, chacun a le droit de dire ses opinions. C'est bien de dire ce qu'on pense, non?Et bien sur, on reflechit pas de la meme facon et c'est ca qui rend ce monde varie, j'aime la difference.
Posté par
Oceane, 26 février 2009 à 13:09
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C'est une jeune fille brillante. Ça m'a donc glacé les sangs de constater à quel point mes propos avaient été réduits et figés dans une forme que je ne reconnaissais pas... Et surtout il m'a semblé que mes questions, mes remarques étaient remises en questions par le fait même que j'étais une étrangère et que donc, je ne pouvais pas comprendre... le tout enrobé d'un certain dédain, dune lueur de supériorité, d'une distance infranchissable (j'exagère hein?). Bon, c'est vrai, j'ai été un peu piquée.

Bien sûr la tournure de ces phrases et le choix de son vocabulaire devaient être relativisés étant donné qu'elle est elle-même étrangère à la langue quelle utilise : le français. C'était donc finalement assez difficile de savoir ce qu'elle avait vraiment cherché à exprimer... Mais j'ai quand même pris le partie de lui répondre, comme vous vous en êtes peut-être aperçus. J'avais le choix entre l'indifférence dédaigneuse (étant donné que j'étais un peu agacée) mais évidemment, c'était une attitude très con. Vous savez, en Chine, le prof est hyper respecté et certains enseignants jugeraient qu'ils n'ont pas à s'expliquer auprès de leurs élèves. Lui répondre était au contraire une marque de respect pour ma fonction et pour elle. (Bon ça paraît bien tortureux tout ça, genre roman psychologique du XVIIe. J'arrête, venons en au fait !!) Vous voyez au commentaire qu'elle me fait que nous finissons par nous retrouver. Au final ce malentendu initial a permis une véritable rencontre culturelle.

Mais cela me rappelle bien aussi mon statut d'étrangère que, bien loin de vouloir gommer, j'envisage de cultiver. Il faut en effet que mon regard reste autre, qu'il résiste à l'absorption totale par la culture chinoise (ce qui doit demander un sacré bout de temps, de toute façon). Il faut que je ne comprenne pas. Qu'on m'explique. Il ne faut pas que les choses se banalisent pour moi. Une complète assimilation m'enlèverait bien du plaisir, tout deviendrait beaucoup plus grave tout à coup, et surtout je n'aurais plus cet espace, ce jeu entre ce que je vois et mon regard, cette distance qui me donne l'envie de rire ou qui me permet de remarquer toutes ces petites choses qui dépassent et cornent la surface lisse du réel, lui donnent du relief. Je veux garder ce regard d'aveugle, ce langage d'aphone. Cette démarche d'handicapé.

Si nos pensées fusionnent complètement, l'échange perd en dynamisme, en vivacité ; nous ne saurons plus nous élancer l'une vers l'autre depuis des points différents. Or c'est cette distance-là qui donne de la puissance à la rencontre. Quitte à parfois créer un choc entre les cultures.