P*R*I*E*R*E*****D*E...

...retourner sur ses pas, de tourner en rond, de se perdre enfin...

Oui, revenez sur les articles que vous avez aimé car j'écris en dépit du bon sens chronologique et mes bulletins sont des graines qui ont besoin de temps pour offrir leurs fruits !

vendredi 3 avril 2009

Les toilettes, décidément, un lieu d'inspiration...


Pâle verticale



朝阳路_Chaoyang lu, la contorsionniste


la rue acrobate

la rue en longue mutation, la peau qui meurt, s'émeut chaque semaine, et dont le grain ne se fixe jamais. Qui sort de sous le bitume des surprises nouvelles, tiens qu'est-ce qui a poussé de nouveau cette fois-ci ? Et ça va trop vite, et plus ça pousse et plus ça me chagrine, je n'aime pas cette botanique de l'anti-vie. Tandis que la pierre se projette, monte, aspirée par l'orgueil et l'ambition, je sens la vie reculer. L'instablilité du ciment et du goudron, les hommes-fourmis, casqués dans la poussière. Je vois ces dizaines d'échoppes, ces petits restaurants affreusement vilains et sales mais dont la cuisine et l'accueil sont empreints d'une saveur authentique, toutes ces petits cubes de mémoire, de Chine vraie, bordés par la route flambant neuve... Le contraste fera-t-il long feu ? Le bras de fer entre l'hier et le demain, entre le vrai et le faux. Le goudron vomissant de nouvelles structures.


La fatigue et l'excitation de marcher sur ces terrains mouvants, en bouleversement. En constant évanouissement.





et le ciment qui tend ses pauvres voiles...





J'ai peur que la modernité ne saisisse et étrangle l'humanité de ma vie. Où faudra-t-il se retrancher
pour échapper à cette gangrène, à cette haleine acide, qui brûle et épouvante le ciel lui-même?



Pékin du 6e cercle, de la 6e ceinture. Du 6e non-sens.

samedi 28 mars 2009

L'homme Toro


L'homme Toro est d'un fier pragmatisme mais il sait greffer quelques puissantes paillettes de poésie à son arsenal machiste... Dans les lignes de son corps se croisent une taurine force brute et un sens apollinien de l'harmonie.




un géant noir et solaire



Et voilà toute cette masse inquiétante ployée par cette petite chose qu'est l'amour.

Le toreador est une fée, qui plonge ses pieds dans la terre d'Asie.

vendredi 27 mars 2009

Ces visages qui me dévorent

Une approche prudente, inquiète, mais irrésistible...
Oui, il y a là un mystère qu'il faut qu'on lui explique ...
C'est quoi ce truc qu'elle a sous la bouche ??


Eh oui ! Voilà ce qui inquiète tellement mon observateur ! A bout de curiosité, il finira par désigner du doigt le creux de son menton en me demandant ce que j'ai là ! Je me suis sentie obligée de vite le rassurer : "Ne t'inquiète pas, ça ne fait pas mal ! C'est comme une boucle d'oreille !"
C'est que je l'avais complètement oublié ce piercing ! Pour moi il fait tellement partie intégrante de mon visage que je n'imaginais plus qu'on pouvait l'en séparer pour le soumettre à analyse ! ¨
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Je ne sais pas ce qu'en pensent les baroudeurs avertis (petite pensée pour Bruno...), mais moi les rencontres qui me touchent le plus ici, en terre étrangère, ce sont celles avec les enfants et les personnes âgées. Leur regards ont la même limpidité. Ils me tendent le miroir fidèle de leur coeur et de l'impact que la vue de mon visage y imprime. L'ébahissement parfois inquiet des plus jeunes devant la possibilité de ses traits et de ses couleurs, la joie entière des plus vieux devant l'intérêt que mon oeil leur porte. C'est beau. Je reçois en pleine âme leur enthousiasme et me voilà éblouie pour toute une journée !
Le grand-père de la Porte Ouest. Toujours à s'occuper des marmots qui animent la ruelle. Avec toujours un tel plaisir ! En Chine, les enfants sont rois !

La gardienne du Lac de Houhai, dont elle a vu tous les changements en plus de 80 ans de vie... Elle de ces vieux qui constituent la mémoire vivante de Pékin... Une mémoire laissée aux oubliettes de la société. Et pourtant, quelle sérénité dans ses yeux !

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Certains enfants se montrent parfois timides à l'extrême mais c'est généralement avec plaisir qu'ils se laissent amadouer et la rencontre prend souvent l'allure d'un jeu de cache-cache.



Voilà par exemple une fillette qui s'est longuement défiée de moi et de mon appareil photo, et puis, voyant ses camarades intrigués cavaler autour de moi, elle a fini par surmonter ses craintes et par venir vers moi ! Pour moi, c'est une vraie rencontre. ;-)

dimanche 22 mars 2009

Le choc BLOND


Les blondes, le nuage de crème délayant mon café noir, adoucissant et perturbant l'opacité de la faune brune des Chinoises. Je ne sais pas si c'est agréable, chaque fois trop choquant. Mes propres repères sinisés bouleversés. Je comprends les regards avides de curiosité : incroyable du blond ! Vite que je m'en repaisse la rétine. Que j'inscrive cette possibilité dans mes neurones, ma mémoire visuelle. Et puis, la blondeur s'accompagne d'autres lignes, d'autres nuances, d'autres mariages. Des yeux souvent bleus. Des joues rebondies, une peau plus claire. Un sourire différent. Tout est changé. Tout est heurté. C'est surtout l'expressivité de ces visages qui m'indispose presque. Des visages plus nus du fait de leur clarté. Oui, plus nus, plus trahissants/traitres. Passant trop facilement dans les extrémités du rire ou des larmes, contre le masque si maîtrisé des Asiatiques. La fenêtre étroitement découpée de leur yeux. Les lèvres paisibles, sereines.. Rarement émues par la joie ou le chagrin. En tout cas, bien sûr, jamais en public, 面子 oblige.



Au début, chaque fois que je croisai une étrangère, elle était d'une blonde d'une blondeur même rare en France... Tain, ben elles font pas semblant d'être étrangère les filles ! Ça me faisait rire... A croire qu'elles le faisaient exprès. Avec des couleurs pareilles, on les repère à deux cent mètres !



Mais alors il faut bien me rendre compte que j'instille le même choc dans le paysage que ces femmes. Avec mes cheveux teintés au henné, mes yeux verts et ma peau d'une pâleur slave, impossible de la jouer en mode mineur. Et puis, quant à l'expressivité de mon visage... Certains de mes étudiants doivent se demander si j'ai toute ma tête, si je suis vraiment équilibrée. Parfois mes yeux brillent tellement qu'on s'inquiètent de savoir pourquoi je pleure... j'ai beau leur expliquer 'mais non, le vent, la fatigue', me croient pas...




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Aujourd'hui, je poste un sujet très léger pour compenser la journée dans un enfer véritable cette fois, celui du marché informatique, autrement connu sous le nom de 中关村_[zhongguancun]...


vendredi 20 mars 2009

Enfoncement par le Nord




Aujourd'hui, c'est la veille du printemps, mais il m'a semblé traverser une terre de désolation. Aller à la rencontre de la désolation-même... le temps-couvercle n'allait pas non plus dans le sens de la légèreté, mais vraiment, j'ai pris peur, ça me colle encore aux tripes.Temps pourri, pollution et laideur, voilà le cocktail de mon après-midi. Bon, je l'ai bien cherché, à force de traquer les chantiers, il fallait bien que j'en arrive à épuiser mon potentiel esthétisant. Le rapport de force m'a presque échappé, je n'ai presque pas pu trouver la magie. D'habitude, je quitte toujours à regret un endroit, une chose qui a hypnotisé mon objectif. Mais cette fois, je ne suis pas repartie sans un certain soulagement. Je suis rentrée dans une sorte de purgatoire, le 4 ou le 5 ème cercle de Dante, un enfer d'ennui, de laideur et de travaux forcés. Quelques enfants comme par vice, une discrète armée d'hommes au labeur.







La terre portera d'autres fleurs. *




Certains accès m'ont été refusés. Je n'ai pas insisté.

(Une chose est sûre : ça ne veut pas dire "bienvenue")

Avec ma tête de 外国人_[waiguoren] ("étrangère"), les Chinois que j'ai croisés hallucinaient. Ne comprenant pas ce qui m'amenait par ici, voyant encore moins pourquoi je m'arrêtais pour fixer ce qui les entourait. Souvent leur regard cherchent à suivre le mien, à comprendre, c'est drôle. En général, ils me regardent de nouveau, incrédules, chercheant une réponse sur mon visage. Parfois je souris, « oui, je sais, c'est laid et ça n'a aucune importance ». Certains, avec audace ou en catimini, se placent derrière moi, pour voir l'écran de mon appareil. Percer le mystère de mon regard. Avec quelques uns, que je souhaite sortir d'une trop grande perplexité, ou pour les remercier de s'être offert à l'objectif, je montre les photos, j'explique : « la couleur, l'arbre, les lignes » Bon, souvent, ils rient...




Parfois, certains clichés me font prendre des risques... Je pense à cette photo d'un camion-poubelle... L'homme responsable du véhicule m'a invectivée : « Jeune fille, ce sont des poubelles, ils ne faut pas prendre ça en photo ! » Comme si je mangeais quelque chose de mauvais, de dangereux. Pourquoi ils ne faut pas ? Une dame plus âgée enchaîne : « Pourquoi vous prenez ces photos, des photos comme ça ? » Alors, je lui montre la série (des vêtements étendus dans la rue, des murs avec quelques branches... de la beauté en bloc). Elle me dit que je ferais mieux d'aller immortaliser les belles choses, là, ya un lac de waiguoren à deux pas ! Ben oui, je sais bien... Mais quand c'est pour waiguoren, c'est mort ! Ce matin, au marché, c'est les poissons morts que je photographiais. Le vendeur a carrément enlevé le bocal ! "Y en a des beaux là, juste à côté!!" Il ne comprenait pas et semblait même franchement offusqué. Ben ouais, mais les beaux poissons même pas morts, ça m'intéressait pas. :D







En fait, les Chinois s'inquiètent de ce que je fais de ces photos. Je crois qu'ils s'inquiètent surtout de l'image que celles-ci donnent de leur pays. Si certains s'énervent, c'est parce que je froisse leur conscience nationale. Une espèce de censure, de traitement de l'image naturels. Hallucinant.