P*R*I*E*R*E*****D*E...

...retourner sur ses pas, de tourner en rond, de se perdre enfin...

Oui, revenez sur les articles que vous avez aimé car j'écris en dépit du bon sens chronologique et mes bulletins sont des graines qui ont besoin de temps pour offrir leurs fruits !

dimanche 12 avril 2009

La Femme Caprine


elle est calme quand je me contrôle plus rien, pleure quand mon cœur s'étrangle, s'émeut quand je ris
je m'amuse quand elle se désespère, m'affole quand elle domine, me fâche quand elle s'oublie

elle est maladroite, je suis cruelle
elle est câline, je suis distante
je suis amoureuse quand elle est déjà loin
elle sourit quand je n'espère plus rien


je respire quand elle étouffe


chemins croisés de deux pensées malmenées mais attirées, deux cœurs opposés mais aimantés
et la vie s'ingénie et nous arrache quand nous nous voulons, nous jette l'une sur l'autre quand nous sommes installées dans la distance


son cœur caprin mon âme caprice



âpre amour entre coeurs d'airain, éreintés d'amour néanmoins

jeudi 9 avril 2009

Atiffée...

En ce 4 avril 2009, au lieu de pleurer sur mes morts comme le calendrier l'exigeait, je pleurnichais sur l'incohérence de ma garde-robe... Voilà le printemps estival déjà et je n'ai que des pulls, des moufles et des bottes à me mettre... J'ai déjà un peu développé pourquoi s'habiller en Chine peut devenir un vrai casse-tête chinois pour une femme occidentale... Et j'ai bien l'intention de revenir sur le sujet ! Alors, pour remonter ce moral de coquette en berne, j'ai allumé la télé. Et je ne m'attendais pas à si bien retrouver le sourire ! Alors, qui est la magicienne ?

C'est 郭培_[GUO PEI].



La styliste aux doigts de fée présentait ses créations dans l'émission BAZAAR. Immédiatement séduite par les coupes et l'inspiration de l'artiste, j'ai filé sur internet pour glaner quelques images. Veuillez savourer le fruit de mes recherches !




Les croquis aux courbes vertigineuses et fleurissantes...










Ces textures de plumes, de voiles et d'étoiles métamorphosent la femme tantôt en excessive pivoine, en princesse glacée de diamant, en oiseau-fée virevoletant dans sa robe ailée, en déesse imprenable. Tantôt la robe s'ouvre et abonde en pétales, tantôt elle se fige en une rigide cloche d'or. La beauté révèle sa grâce et sa majesté. Ainsi atif....fée, comment la femme peut-elle encore pleurer !

mercredi 8 avril 2009

L'escalade de Babel

Je suis impressionnée.



Apprendre une langue comme le français est vraiment un sacré défi. Cette orthographe en rupture avec la prononciation des mots, les mille et une exceptions qui codifient la grammaire, cette conjugaison complexe aux mille subtilités désinentielles et temporelles... Une vraie demoiselle maniérée... Mais il me semble que la difficulté est doublée quand les apprenants viennent d'Asie. La distance linguistique et culturelle paraît infranchissable. C'est à se dire que Dieu n'a pas fait semblant de mettre la pagaille entre les hommes... C'est bien simple, pour passer du chinois au français ou inversement, il faut changer de cerveau, renverser la polarité entre les hémisphères gauche et droit. Le français est difficile par son hyperstructuration grammaticale, le chinois est insaisissable par son hyper souplesse grammaticale. Et pourtant, je vais de surprises en surprises et je suis si impressionnée que je dois écrire pour trouver le sommeil. Je sors à peine d'un concours d'éloquence organisé dans mon Université et les étudiants chinois se sont montrés stupéfiants d'humour, de spontanéité et d'excellence véritable, tant du point de vue des idées, de la structure et du vocabulaire. Les plus nombreux à participer étaient... les première année ! Incroyable la qualité du français que certains maîtrisent déjà après seulement quelques mois d'étude ! Ce sont de véritables passionnés ! Et puis, je dois aussi dire que j'ai tout récemment fait la découverte de deux blogs tenus par des Chinoises... Je vous conseille d'y jeter un coup d'œil...





Leur français est si bon que j'ai eu du mal à croire qu'il ne s'agissait pas de leur langue maternelle... Et il n'y a pas que les mots, il y a aussi la pensée. Parce que même traduite dans sa propre langue, une réflexion peut nous rester parfaitement étrangère, incompatible avec nos canaux logiques. Mais quel miracle de constater que la communication est bel et bien totale. Je comprends la langue et le langage que l'autre me tient. Ses sous-entendus et son humour me parviennent du fin fond de son autre monde... En cours, vous me trouverez peut-être bien naïve, mais chaque fois que je sens que mon message a été réellement réceptionné, c'est une surprise et une joie. Avec ces étudiants francophones, il me semble que nous contrecarrons en douceur le châtiment divin consistant à nous disperser. La punition n'est pas annulée pour autant, puisque nous sommes fondamentalement tenus à distance l'un de l'autre par des systèmes de conception et d'expression différents, apparemment sans point de contact, mais cet obstacle est dépassé, transformé en enrichissement mutuel grâce à l'effort de nous comprendre, de tendre et d'épouser l'autre monde. A plusieurs, unis dans cet effort, nous pouvons escalader Babel, sans fâcher le Ciel.



mardi 7 avril 2009

Ben oui, vous êtes qui d'abord ?

Pays de Neige: La demande de la réaction

Hou la la, moi, écrire un blog me rend beaucoup plus nerveuse que d'envoyer un mail !!! Contrairement au destinataire d'un mail, les lecteurs d'un blog sont à la fois anonymes et nombreux ! Dans un mail, je sais à qui je m'adresse, je sais à quel niveau de communication m'attendre, et il y a eu déjà eu un préalable, dont il convient tout simplement de poursuivre le ton. A travers mon blog, je ne sais pas à qui je parle, le passage silencieux et invisible des lecteurs m'inquiète car le rapport n'est pas symétrique : ils me voient, je ne les vois pas. Impression d'un strip tease, aveuglée sous les feux de la rampe. Le public passif pour qui le spectacle est facile. Je n'ai aucun pouvoir dans la relation. Je suis à portée de main, mais le destinataire toujours m'échappe.

samedi 4 avril 2009

Juliette BINOCHE à Pékin

« In-I »
Akram Khan fait danser Juliette Binoche


- au MeiLanFang Theater de Pékin -




**********

Au début, l'une de leurs premières danses fusionnelles :



Et puis, à la trentième minute, un passage très puissant : elle blesse l'homme qu'elle l'aime. Il cherche à la fuir mais il est collé d'amour pour elle, elle qui le traque, consciente d'avoir commis une erreur, elle le traque, lui qui veut fuir. Là elle attrape un pied, là, sa main, là son cœur. Le désespoir d'une femme éperdument amoureuse, foulant tout amour-propre pour se faire pardonner. Oui, je l'ai vu sur scène le temps de quelques instants. Et j'en ai eu des frissons...

王志平 in 北京

Wang Zhiping est actuellement sur Pékin pour commémorer les trente ans de la photo indépendante en Chine. Pour l'occasion, l'œuvre de l'artiste - qui vit à Aix-en-Provence depuis plus de 25 ans - a été exposée à l'espace 798.


0033-442201979 *** wangzpfr@163.com



Voici un aperçu de ses photos de Provence :



AIX-EN-PROVENCE







DES OISEAUX ET DES HOMMES










PORTRAITS









PANORAMAS












STRUCTURES ET COURBES SACREES








Alors, quelle est votre photo préférée ?

Moi, j'adore les regards tordus et étranglés des filles vers la femme boudinée dans son satin blanc... La tempétueuse séance de coiffure de Brigitte... Les pigeons grimant nos jeux amoureux... Enfin, toutes quoi.

vendredi 3 avril 2009

Le Corps du Christ

Giuse qui mange son pain. Ne le finit pas et le « jette » presque dans mon bol. D'un coup de baguette éclair, je le lui rends :

  • Hey, 我不是jiali, heu lijia, li heu la

Regard sceptique, apitoyé mais patient de Giuse. Et moi qui continue à monter dans le rouge :

  • laji ! 我不是垃圾hein ! 你知道吗?


Coup de baguette artiste perforant le pain-poubelle :

  • 对, 不是垃圾, 是corpe del christ.

  • Oo...

    Et royal, Giuse qui mange son ╬Pain-Passion╬

    Je pensais pas qu'un Italien pouvait rigoler avec des choses comme ça !!